Les meilleurs fruits rouges à planter dans votre jardin

Sur un balcon, une terrasse ou à l’extérieur, les baies telles que les fraises, les framboises ou les arbres sont faciles à cultiver et délicieuses. Ils nous apportent leurs arômes, jus sucrés et plein de vitamines ! Petit, facile à multiplier et productif, voici (après une brève introduction) un portrait croisé de certaines de ces pépites, ainsi que des trucs et astuces adaptés à leur culture, récolte et transformation.

Une grande famille

La catégorie des baies regroupe des classiques comme les mûres, framboises, cassis, groseilles, fraises, caseilles (hybrides entre cassis et groseillier), ainsi que raisins, bleuets ou physalis, le fameux « coqueret du Pérou ». À cette liste s’ajoutent des fruits moins connus, parfois récemment introduits, ou tout simplement peu présents dans nos assiettes. On les connaît surtout par leurs arbustes : l’arbousier, le cornouiller mâle, l’éléagnus, le coqueret du Pérou, le goji, le sureau. Vous trouverez la plupart de ces petits fruitiers en jardinerie, chez des particuliers ou lors d’échanges dans des associations de jardins.

Pourquoi les cultiver ?

D’abord, pour le goût et les couleurs ! Rouge, noir, bleu, blanc, rose, orange… Les baies attirent l’œil et ne déçoivent jamais les papilles. Leur palette de saveurs, du doux à l’amer, offre une vraie diversité. Autre atout : leur générosité sur la durée. Bien choisis, ces fruits s’enchaînent de mai à décembre, pour peu qu’on varie les espèces et les variétés. Le tout, sans exiger beaucoup d’espace. Leur prix reste accessible, surtout si vous les achetez jeunes, en godet ou à racines nues. Et, cerise sur la branche, ils regorgent d’antioxydants, de vitamines et d’oligo-éléments. Côté rendement, difficile de faire mieux pour une si petite surface.

Comment les multiplier ?

Pour multiplier vos baies, plusieurs méthodes existent. En voici les principales, à choisir selon l’espèce :

  • Le semis, adapté à la fraise des bois, au physalis (coqueret du Pérou), au goji, au noisetier, au cornouiller ou au sureau. Il se pratique idéalement au printemps, dans un terreau spécifique ou en pleine terre du potager.
  • La bouture fonctionne très bien pour la majorité des petits fruits : cassis, groseilles, caseilles, raisin, éléagnus, mûre… Il suffit de prélever des rameaux de l’année précédente et de les installer dans un mélange sableux ou un terreau spécial bouturage.
  • La marcotte concerne les arbustes aux branches basses (noisetier, vigne, groseillier…) : on couche une branche souple au sol, on la recouvre, elle prend racine et forme une nouvelle plante.
  • La division de touffe s’applique surtout au framboisier, parfois à la myrtille : on prélève un morceau de racine avec quelques tiges, on replante, et le tour est joué.

Cultiver en pot, sac ou bac : simple et efficace

Installer un petit fruitier en ville, sur un balcon, un rebord de fenêtre (pour les plus compacts comme la fraise ou le goyavier du Chili) ou une terrasse n’a rien de sorcier. Le secret : un bon substrat. Mélangez à parts égales terre de jardin, terreau organique et compost mûr. Si ce trio est difficile à réunir, optez pour du terreau bio enrichi en algues, compost ou engrais. Remplissez votre contenant (pot, sac, bac), arrosez bien pour humidifier le mélange. Ajoutez une couche de drainage au fond : 5 à 7 cm de graviers, billes d’argile ou morceaux de poterie, recouverts d’un feutre géotextile pour éviter que la terre ne s’infiltre. Positionnez la motte ou les racines nues, ajoutez du substrat, et veillez à laisser 7 à 8 cm sous le bord pour pouvoir ajouter du compost et pailler par la suite. Cette marge permet d’enrichir régulièrement la terre tout en retenant l’humidité.

1. La groseille

Blanche, rose ou rouge, la groseille se choisit selon ses envies. Un groseillier bien entretenu vit entre 15 et 30 ans, et peut offrir jusqu’à dix kilos de fruits au total (environ 3 à 4 kg par an), sans trop d’ennuis sanitaires. Les fruits se forment sur du bois de 2 à 3 ans. Il faut donc maintenir un équilibre entre jeunes pousses et rameaux plus âgés. Lors de la plantation, sélectionnez 2 à 3 tiges de base ; elles donneront les pousses de l’année. Ensuite, supprimez chaque année les branches de plus de 3 ans. Ainsi, l’arbuste reste vigoureux et productif, avec des rameaux de 1, 2 et 3 ans.

2. Myrtille

Deux à quatre kilos de fruits par pied peuvent être récoltés chaque saison. Contrairement à la myrtille sauvage, sa cousine américaine apprécie le soleil. Sa floraison s’étale sur plusieurs semaines et supporte sans broncher des gels jusqu’à,5 °C, ce qui étale aussi les récoltes. Bien conduite, la myrtille fructifie dès la deuxième année. Les baies, regroupées par 5 à 10, prennent leur couleur bleue quelques jours avant la pleine maturité. Attention aux oiseaux, friands de ces fruits : la pose d’un filet bien ajusté s’avère souvent indispensable !

3. Le framboisier

Impossible de rester de marbre devant une framboise jaune ambrée. Le framboisier se multiplie par division de souche : un simple éclat de racine séparé du pied mère, puis replanté, suffit. Recoupez à 10 cm du sol, et laissez la nature faire le reste. De nouvelles tiges apparaîtront au printemps, rapidement couvertes de fleurs blanc rosé, prisées par les pollinisateurs : bourdons, abeilles et autres insectes s’y pressent sans relâche.

4. Fraise

Peu exigeante sur la nature du sol, la fraise apprécie toutefois une terre fraîche, calcaire et riche en humus. À l’inverse, un sol trop léger peut la faire souffrir lors d’un été sec. Dans ce cas, paillez dès le début de la saison pour limiter l’évaporation et préserver la chair juteuse du fruit. À l’état sauvage, on rencontre la fraise des bois dans des zones montagneuses, en lisière de forêt nordique ou dans des lieux inattendus, comme les cratères de la Réunion.

5. Cassis

Le cassissier promet des récoltes généreuses. Avec 10 à 15 % de sucre et beaucoup de potassium (325 mg/100 g), ses baies sont de véritables concentrés d’énergie. Les feuilles, bordées de petites glandes odorantes, embaument l’arbuste tout entier. Des études menées sur plusieurs animaux ont mis en évidence de nombreux bienfaits : les feuilles sont diurétiques et apaisent la tension, infusées elles deviennent un remède anti-inflammatoire. Quant aux fruits, ils protègent la paroi des vaisseaux sanguins et améliorent la vision nocturne.

6. Vigne

La vigne ne se laisse pas dompter sans un minimum de surveillance. Laisser filer ses sarments, c’est risquer d’étouffer le jardin en peu de temps. Avec une taille régulière, même dans un coin abrité, elle peut offrir chaque année plusieurs dizaines de kilos de raisins. Il est facile de mettre de côté quelques grappes pour les transformer en raisins de paille : séchés à l’abri, dans une pièce ventilée, ils deviennent de véritables bonbons naturels, prisés pendant les fêtes de fin d’année.

7. Arbousier

Décoratif et productif, l’arbousier a de quoi séduire. Ce proche parent de la fraise, Pline l’Ancien le soulignait déjà, donne des fruits qui passent du vert à l’orange puis à l’écarlate. Certains jugent sa chair fade, mais avec un été ensoleillé, d’autres, comme François Couplan, la trouvent parfumée et sucrée. À chacun de s’en faire une idée, mais une chose est sûre : il apporte couleur et générosité au jardin.

Entre récoltes abondantes, saveurs authentiques et facilité de culture, les petits fruits rouges n’ont pas fini de s’inviter dans vos bacs ou vos plates-bandes. La prochaine poignée de baies pourrait bien venir de votre fenêtre. Et pourquoi pas en faire le début d’une nouvelle histoire gourmande ?

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